Triptyk

Conception, scénographie, mise en scène de
Bartabas
Direction musicale : Pierre Boulez
Le Sacre du Printemps de Stravinsky
Dialogue de l'ombre double de Pierre Boulez
Symphonie de psaumes d'Igor Stravinsky
Paris Nord Villepinte
8 octobre 2000


Le Sacre du Printemps d'Igor Stravinsky est un hymne aux puissances telluriques. Après Nijinski, après Béjart, Bartabas entreprend l'écriture scénographique de cette musique envoûtante. Il met en scène l'être le plus apte à traduire la grâce mêlée de force du danseur : le cheval. Chevaux et cavaliers, accompagnés par le superbe orchestre de Paris, ne font qu'un.

Beauté plastique des hommes et des chevaux

A la puissance de l'orchestre, mené avec rigueur par Pierre Boulez répond la puissance des musculatures sculpturales emportées dans un incroyable numéro de voltige équestre.

J'ai retrouvé dans cette partie la beauté plastique des oeuvres de Bartabas. Peau mate des hommes, robe luisante des chevaux, force maîtrisée au service de l'art. Ces grands artistes ont bien mérité d'être accompagnés par un grand orchestre pour former un spectacle total.

Trop de beautés superposées tuent la beauté

La deuxième partie du spectacle était en deça de la majestueuse symbiose du Sacre. La musique de Boulez ne parle pas au coeur. Elle est une addition de processus connus pour les habitués de la musique contemporaine. C'est talentueux, mais il manque le catalyseur qui transformerait la matière brute en or.

La Symphonie de psaumes de Stravinsky était l'occasion d'une superposition de beautés : beauté des cavalières et cavaliers vêtus d'amples robes blanches et ocres d'inspiration médiévale, beauté de la danse du cheval, mené par Bartabas.

Pourquoi toute cette beauté accumulée ne provoque-t-elle pas l'adhésion de l'âme qui fait venir les larmes ? Peut-être tout simplement parce que trop de beauté écrase et perd curieusement son effet...



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