Sarah

de John Murrell
Adaptation d'Eric-Emmanuel Schmitt
Mise en scène : Bernard Murat
Décor : Nicolas Sire
Lumières : Laurent Castaingt
Avec Robert Hirsch, Annie Duperey
6 avril 2003
Théâtre Edouard VII


Le Canadien John Murrell fait briller de ses derniers feux la grande Sarah Bernhardt, sous les projecteurs du soleil implacable de Belle-Ile en mer. Il fait vivre enfin, à celle qui n'a connu des hommes que les roucoulades, une belle romance jouée et vécue dans le même temps. Ainsi, par delà les affres de la solitude, de la déchéance et de la mort prochaine, deux vieilles âmes retrouvent une pareille jeunesse, qui éclate à la face du public..


Les derniers feux de Sarah


Très bien servie par notre dramaturge national, Eric-Emmanuel Schmitt, la pièce déroule une série de scènes de la vie de Sarah, revécues par la tragédienne, et jouées par son secrétaire Georges Pitou. Le cadre est évoqué par quelques meubles bien choisis, des costumes somptueux et un délicat jeu de lumières.


Annie Duperey, comédienne


Annie Duperey est une Sarah tout à fait crédible, sauf lorsqu'elle joue Phèdre. Il eût fallu alors une sociétaire honoraire du Français... Mais elle sait être superbement capricieuse, émue jusqu'aux larmes, emphatique ou pathétique, en un mot, comédienne jusqu'aux bouts des ongles. Son coup de jeunesse final est plein de charme et de grâce.


Robert Hirsch, dans toute sa splendeur


Le moteur de la pièce est bel et bien Robert Hirsch. Inimitable Robert Hirsch, qui joue à à perfection toutes les gammes de l'art dramatique. Dans quel rôle est-il meilleur ? Celui de l'impresario américain, que l'on voit bedonnant malgré la minceur de l'acteur, et dont la voix tonitruante éclate, claire et nette, emplissant le théâtre ? Celui d'Oscar Wilde, à l'homossexualité sans caricature, à la douceur intelligente et fine ? Celui de la Supérieure de couvent, à la voix rauque, de la mère de Sarah, mondaine à l'éventail ? Celui du vieux célibataire Pitou, subjugué par la tyrannique Sarah ? Et puis, qui connaît Robert Hirsch saura que je veux aussi parler de ses déplacements aériens, de ses tics maîtrisés, de sa sensibilité exacerbée, des nuances multiples et variées d'une voix parfaitement posée, de ses chorégraphies, de ses grimaces, de son parfait naturel, de son intelligence de chaque rôle, de son comique profond, de son émotion communicative... Qui ne le connaît pas doit courir le voir, car il est en grande forme d'acteur,... car il est notre dernier monstre sacré.




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