Musset, l'intégrale - L'habit vert

Mise en scène de Fabrice Merlo
Avec Armelle Lecoeur, Manu Doublet,
Patrice Bouret, Frédéric Jeannot
16 septembre 2000
Théâtre du Nord-Ouest


L'habit vert :

Si vous êtes fatigué des mauvaises traductions à la mode, l'Habit vert de Musset vous comblera.


Une comédie légère, une scène de la vie de bohème


Le cadre ? Une chambre de bonne. Les personnages ? Deux jeunes gens, avec pour seules richesses, un souvenir de famille, un vieil habit vert, et l'espérance de la jeunesse. Et aussi leur voisine, une jeune modiste, belle et malicieuse, et leur voisin, un vieil homme, pas très pauvre, pas très honnête, plus pitoyable que méchant. De ce tableau de bohème, Musset a tiré une jolie comédie, simple et divertissante.


Enfin une jeune première !


Les comédiens ont l'âge du rôle. Ils sont bons, ce qui ne gâte rien. Manu  Doublet mêle avec finesse la gaucherie comique et la générosité du coeur. Frédéric Jeannot sera un truculent Sganarelle, un chaleureux Philinte. Patrice Bouret est suffisamment répugnant pour que l'on rie de son personnage, suffisamment attendrissant pour être associé au dénouement.


Quant à Armelle Lecoeur, elle est la fée de la soirée. De beaux yeux pleins d'azur et qui savent pleurer, des vagues de cheveux dorés, bouche vermeille et teint lisse, elle incarne la fraîcheur et la grâce. Enfin une vraie jeune première ! C'est si rare...


Les Marrons du feu :

Souvenez-vous de ce nom : Jean Grimaud. Il est digne des plus grandes heures de la Comédie française.


Il a la dimension des monstres sacrés
Il s'appelle Jean Grimaud.


En le voyant dans ce rôle si difficile de débauché, cynique, charmeur, désespéré, je songeais à Francis Huster dans On ne badine pas avec l'amour au Français. Eh bien, croyez-le ou non, Jean Grimaud est encore meilleur.


Il est simple, il est juste. Puissante, sa voix est belle, son timbre unique, sa diction parfaite, sa technique irréprochable. Le dos tourné, au fond de la scène, en haut d'un escalier, chaque mot prononcé reste distinct. Sensible, il sait faire chanter les alexandrins sans les déformer, sans réciter. Il révèle alors la beauté du poète, l'essence profonde de son personnage, et la poésie devient musique.


Tous les grands rôles lui sont ouverts


Il sait aussi incarner ce Don Juan débauché qui brûle sa vie dans la luxure et dans l'ivresse. Jouer l'ivresse, sans tomber dans l'excès, est une entreprise périlleuse. Là encore, Jean Grimaud est parfaitement juste. Les scènes les plus scabreuses sont poussées jusqu'aux limites de l'art, sans jamais les dépasser. Enfin, ce comédien accompli bouge sur scène merveilleusement.


En un mot, il a la dimension d'un monstre sacré. Si le destin le veut, il sera Don Juan, le Cid, Lorenzaccio, Ruy Blas, Alceste, Figaro ou Cyrano. Tous les grands rôles lui sont ouverts. C'est une belle découverte pour commencer la saison théâtrale...




Tour Eiffel
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