Hôtel des deux Mondes

Eric-Emmanuel Schmitt
Avec Bernard Haller, Catherine Arditi
Bernard Dhéran, Francine Bergé,
Laurence Côte, Pierre Chassignard
7 avril 2000
Théâtre Marigny
Salle Popesco


A la lecture de certaines critiques publiées sur le Net, je me suis demandée si je ne recommandais pas, les yeux fermés, un navet. Rassurez-vous, la pièce est bonne.


Un jeu théâtral sur les poncifs de la vie et la mort


Après Huis clos de Sartre notamment, Eric-Emmanuel Schmitt a choisi de représenter l'au-delà de notre vie terrestre. Sartre était intéressé par la situation de huis clos, représentait la vie et en concluait dans une pirouette : "L'enfer, c'est les autres". Ceux qui chercheront dans la pièce d'Eric-Emmanuel Schmitt une réponse à leurs angoisses sur la mort seront déçus. La pièce n'offre aucune révélation "intelligente", aucun "scoop" sur le sujet.


Dans cet hôtel des deux mondes, no man's land entre la vie et la mort, les personnages attendent de sortir du coma ou de partir vers l'inconnu du voyage sans retour. C'est l'occasion pour Eric-Emmanuel Schmitt de jouer avec tous les poncifs sur la vie, la mort ou la conscience. Ainsi, se dégage une plaisante comédie de moeurs, où se rencontrent et s'entrechoquent les convictions des personnages, qui n'auraient pas eu l'occasion de se parler vraiment dans notre réalité. Et l'amour y éclot naturellement, peut-être parce que l'amour est pour l'homme partie intégrante du mystère de la vie et de la mort. Décidément, on est assez loin de Sartre.


Une distribution impeccable


La pièce est admirablement servie par une distribution parfaite. Bernard Haller est magnifique dans le personnage du mage Radjapour. Il domine la pièce avec naturel et sensibilité. J'ai retrouvé avec plaisir Bernard Dhéran, toujours grand dans les rôles comiques de rigides crétins frustrés. Catherine Arditi est émouvante, Francine Bergé excelle à évoquer le feu sous la glace. Les personnages muets sont expressifs. Quant aux jeunes premiers, Pierre Chassignard et Laurence Côte, ils n'ont aucun mal à nous associer à leur histoire d'amour.


Dans cette pièce, Eric-Emmanuel Schmitt a le coeur tendre. C'est encore un poncif...



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