Milarepa

Eric-Emmanuel Schmitt
Mise en scène Bruno Abraham-Kremer
Théâtre du Renard

Avec Milarepa, Eric-Emmanuel Schmitt ouvre un livre de sagesse aux couleurs de la mort et de la vie. Créée en 1996, la pièce présente un vivant monologue, ou plutôt un concerto pour voix et musique tibétaine. La musique douce et sereine, un peu mélancolique de Mahmoud Tabrizi-Zadeh accompagne la voix du protagoniste, joué par Bruno Abraham-Kremer.


Des affres de la vengeance au détachement du sage


Celui-ci est à la fois Simon, notre contemporain, Svastika, le méchant oncle à l'envie dévastatrice, et Milarepa, qui après avoir subi toutes les épreuves de l'initiation atteint le détachement du sage. Seuls le temps et la méditation permettent cette métamorphose. Elle arrive lorsque, devenu ermite, Milarepa casse son seul bien, un pot de terre où il cuit son repas d'orties. Alors, le sage, dépouillé de tout, connaît la victoire spirituelle.


La force est faiblesse et la faiblesse est force


On peut tuer physiquement ou socialement une grande âme, mais cette dernière reste plus grande que le malheureux qui l'a tuée. Elle en sort plus forte, car l'écrasement l'élève. Toute la force de Socrate, de Jeanne d'Arc ou de Jean Moulin réside dans ce paradoxe.


C'est sans conteste le meilleur spectacle théâtral que j'aie vu cette année, tant par la limpidité du texte, le brio de l'interprétation que par la profondeur de la pensée.




Tour Eiffel
Top

Accueil Spectacles          Critique suivante




Copyright © 1999 Dominique Dufils

Les photos et textes de ce site sont protégés.
Toute reproduction, même partielle,
est interdite sans autorisation préalable.