120 ans !
Concert anniversaire
de l'orchestre Lamoureux

Direction musicale : Yutaka Sado
Avec Michel Fugain, Didier Lockwood,
Bernard Lavilliers, Richard Galliano,
William Scheller
Dimanche 30 septembre 2001
Théâtre des Champs Elysées


En 1881, Charles Lamoureux crée la Société des nouveaux concerts. 120 ans plus tard, cet orchestre est toujours vivant et, dirigé par un bon chef, donne à entendre de la belle musique.

Le programme abondant était éclectique. Michel Fugain, Didier Lockwood, Bernard Lavilliers ou William Scheller apportaient une note contemporaine au sein d'un spectacle classique dominé par de grands compositeurs du XXème siècle : Bernstein, Debussy, Satie, Roussel et Ravel.

Un chef dynamique qui rend sa cohésion à l'orchestre

Dans les escaliers du théâtre, Yutaka Sado venait d'initier un jeune garçon à l'art de diriger un orchestre. La pièce d'ouverture, Candide de Bernstein lui permit d'illustrer son propos et de donner un tempo dynamique à la soirée. Les Nocturnes de Claude Debussy sont des oeuvres magiques. En particulier, Nuages m'évoque les remous de la mer. Le hautbois donne à l'oeuvre un caractère mystérieux, envoûtant.

L'orchestre des concerts Lamoureux doit beaucoup à son chef actuel, Yutaka Sado. Celui-ci est précis, sensible, dynamique. Je ne lui reprocherais qu'une seule chose, sa tendance au trémoussement, jusqu'au déhanchement, qui rappelle certains chefs d'Europe centrale et ne sert pas la musique. Sinon, il n'y a pas de doute, c'est un grand chef, à la personnalité attachante. Il sait être là au bon moment, dégage une impression de vigueur et apparaît très habile à entraîner l'orchestre.

Un concerto électro-acoustique avec Didier Lockwood

Avant Espana de Chabrier, qui annonçait l'entr'acte, Didier Lockwood nous a présenté une extraordinaire démonstration de violon électro-acoustique sur une oeuvre intitulée les Mouettes. Mélange de musique concrète et répétitive en boucle, cette oeuvre demande une grande virtuosité et laisse le spectateur étourdi.

Diversité des musiques, de l'émotion à la virtuosité

Après l'entr'acte, j'ai vécu un grand moment d'émotion avec Bernard Lavilliers. QHS (quartiers de haute sécurité) exprime la torture de ceux qui sont condamnés à ne plus vivre leur amour qu'à travers le souvenir d'un visage, à jamais inaccessible, intangible. La voix du chanteur était belle et profonde, l'accompagnement de l'orchestre particulièrement poignant.

L'ancien accordéoniste de Claude Nougaro, Richard Galliano a interprété avec brio Opale, son concerto pour accordéon et orchestre à cordes. Il nous a rappelé que nous étions à Paris et que cette musique y était chez elle.

Le classique, de l'interprétation parfaite au clin d'oeil créatif

Les grands compositeurs classiques ont terminé le spectacle. La Gymnopédie n°1 d'Erik Satie, orchestrée par Debussy est un grand classique. La suite Bacchus et Ariane de Roussel traduit bien le désorde psychique, l'immense bouleversement du chagrin irrémédiable d'Ariane abandonnée par Thésée sur l'île de Naxos.

Le public a accueilli avec enthousiasme ce programme, ce qui lui a valu un bis en forme de clin d'oeil : le Boléro de Ravel interprété decrescendo, tandis que petit à petit les musiciens désertaient la scène. J'ai regretté que le public n'ait pas su écouter jusqu'au bout sans applaudir. Cela nous aurait permis de goûter pleinement l'effet produit par cette interprétation inversée de ce grand classique.



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