Présences 2001
C'est pas juste
Luigi Rossi, Toccata settima
György Ligeti, Passacaglia Ungherese
Louis Couperin, Chaconne en ré mineur
Suite en Maqam Houzam
Suite en Maqam Hibaz
Pascale Criton, Entre-deux, l'éternité
Julien Jalâl Eddine Weiss, Le Voyage de Sheikh Mouhyedinne Ibn'Arabi
Avec Noëlle Spieth,
Julien Jalâl Eddine Weiss,
Adel Sahms el Din,
Marie-Thérèse Ghirardi, Denise Mégevand
Samedi 17 février 2001
Radio France


Cette année, je n'ai pu assister qu'à un seul concert de Présences et c'était un grand concert.

Quand les traditions orientales et occidentales se jouent de la tonalité

Noëlle Spieth nous a proposé 3 pièces de la tradition occidentale, sur un clavecin accordé au tempérament mésotonique. Dans chaque morceau, le compositeur ménage une dérive, subtile dans le cas de Rossi et Couperin, à mon avis gratuite, dans celui de Ligeti.

Julien Jalâl Eddine Weiss et Adel Sahms el Din ont interprété avec une extrême virtuosité 2 Maqams, gammes enracinées dans les traditions orientales où sacré et profane se fondent.

La musique acousmatique et la harpe celtique

Les recherches de la musique acousmatique étaient représentées par Pascale Criton. Entre-deux, l'éternité mélange avec bonheur les sons tournant en spirale du support numérique, la harpe celtique et la guitare, dont un interprète fait sans cesse glisser l'accord. L'oeuvre est particulièrement mise en valeur par l'interprétation à la harpe celtique de la plus grande spécialiste de cet instrument : Denise Mégevand.

Julien Jalâl Eddine Weiss ou l'Orphée du futur

La musique de Julien Jalâl Eddine Weiss est à l'image de cette attachante personnalité, ni vraiment occidentale, ni vraiment arabe. Elle est unique, et son interprétation également. Qui d'autre que Julien Jalâl Eddine Weiss pourrait interpréter le Voyage de Sheikh Mouhyedinne Ibn'Arabi ? La gestuelle hiératique de ce grand maître du qanoun change lorsqu'il joue son oeuvre. Les pauses étaient marquées par une main sur le coeur, maintenant, tout le corps participe. Tantôt froid, tantôt enflammé, le musicien traverse toutes les traditions dans une surprenante alchimie, dont le ciment est constitué des multiples potentialités de cet instrument subtil et profond qu'est le qanoun.

Tel Orphée, Julien Jalâl Eddine Weiss nous fascine tant qu'il fait résonner son bel instrument. Lorsque l'enchantement cesse, le public parisien quitte le théâtre, repu de cette richesse, au mépris du reste de la programmation. Il est donc conseillé aux organisateurs de spectacles de programmer cet artiste en dernier...

Pour moi, Julien Jalâl Eddine Weiss ouvre les voies du monde bigarré qui s'annonce, où la fusion des traditions n'est pas un reniement de celles-ci, mais leur exaltation.



Tour Eiffel
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