Prades aux Champs-Elysées
Hommage à Pablo Casals

Dimanche 19 mars 2000
Théâtre des Champs-Elysées


Un spectacle est une alchimie. Les ingrédients peuvent être bons, et le résultat décevant. C'est ce qui est arrivé pour ce concert, qui pourtant voulait rendre hommage au grand violoncelliste Pablo Casals.

Tous les ingrédients étaient réunis. Pourquoi le plat manque-t-il de saveur ?

Frans Helmerson a une technique parfaite, mais son jeu reste froid. Il a donc parfaitement traduit le labeur nécessaire pour interpréter les 6 Suites de Bach pour violoncelle seul.

L'excellence du flûtiste Andras Adorjan, de l'altiste Bruno Pasquier et du pianiste Christian Ivaldi a été gâtée, de mon point de vue, par la mauvaise sonorité du violon de Dmitry Sitkovetsky : il chuinte, parfois détonne, cherche à prendre la vedette et ne fait qu'envahir la scène de son encombrante présence. Beethoven et Mendelsshohn en ont fait les frais. Pourtant, Christian Ivaldi nous laissait par moments deviner ce qu'aurait pu être le superbe Trio avec piano n°1 de Mendelssohn... Quel dommage !

Un moment très pur : le Chant des oiseaux de Pablo Casals

Heureusement, après l'entr'acte, nous avons eu un court moment de bonheur avec Le Chant des Oiseaux de Pablo Casals. Ce morceau est la transcription pour violoncelle et piano d'un vieux chant populaire catalan. Pablo Casals aimait le jouer à la fin de ses concerts. L'interprétation de Lluis Claret et Michel Béroff est pure, sensible, pathétique. La sonorité du violoncelle s'étale tranquillement dans la salle sur les notes cristallines du piano. L'honneur est sauf : le morceau composé par Pablo Casals n'est pas trahi.

Le mérite des interprètes du Quatuor pour cordes et piano de Robert Schumann était de s'écouter et de jouer avec conviction. Ainsi, le concert s'est-il achevé correctement.

Bref, ce spectacle n'était pas tout à fait à la hauteur des deux précédents, dont vous pouvez lire la critique sur ce site.


Qu'est-ce que le festival de Prades aux Champs-Elysées ?

Pablo Casals choisit de s'exiler à Prades en 1936 et à partir de 1946, décide de manifester sa résistance au franquisme par son refus de se produire en public. Ses amis musiciens viennent à lui, et ainsi naît l'un des festivals musicaux les plus réputés, vecteur de beauté et d'humanisme.

Le festival de Prades s'est arrêté à Paris au théâtre des Champs-Elysées pour le plus grand plaisir des Parisiens mélomanes.




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