Présences 99
Vendredi 5 février 1999
Radio France

Esa-Pekka Salonen - L. A. Variations
Ezechiel Viñao - Viviane of Avalon
Brian Cherney - Et la solitude dérive au fil des fleuves...
Pascal Dusapin - Apex

Opéra Bastille et notations contemporaines


Pour découvrir la musique classique contemporaine, les Parisiens ont la chance de pouvoir assister gratuitement tous les ans au festival Présences organisé par Radio France.

Cette année, je choisirai de vous parler de la représentation du 5 février qui a déclenché mon enthousiasme.



Présences : un festival de Radio France consacré aux compositeurs contemporains

Comment traduire sur le papier la musique contemporaine sans produire un poème qui ne serait qu'une vague correspondance ou un plagiat ? Comment même saisir ce qui est fugitif, que l'on oublie si vite, après l'avoir vécu. On oublie certes, mais on en garde une impression profonde. Et chose curieuse, cette impression est souvent partagée par les autres spectateurs. Pour quelles raisons une oeuvre nous touche-t-elle, alors qu'une autre nous laisse indifférents ? Quelle alchimie joue en nous ? La nouveauté ? Peut-être, mais une nouvelle cacophonie sans génie nous laissera parfaitement froids. En revanche, un musicien contemporain peut sortir de la modalité et créer une nouvelle oeuvre parfaitement ordonnée et dans le même temps complètement innovante, voire dérangeante. Là réside toute la différence entre l'artisan musical et l'artiste.



L. A. Variations : l'orchestre crée l'émotion

Le concert du 5 février n'a rien présenté de vraiment dérangeant. Mais les quatre oeuvres proposées n'étaient pas équivalentes.

On connaît bien le chef d'orchestre finlandais, Esa-Pekka Salonen. Il dirige le Los Angeles Philharmonic et nous avons eu souvent l'occasion de le voir à Paris, en particulier au Châtelet. On sait moins qu'il est aussi compositeur et c'est dommage. L. A. Variations vous prend et ne vous lâche plus. L'orchestration est à mon goût parfaite. Le son est, je dirais, "global", ce qui est à mon sens une des caractéristiques majeures de la notre musique classique contemporaine. La fusion des sonorités instrumentales fait de l'orchestre un nouvel instrument, qui n'est assimilable à aucun des intruments en jeu. Quand de surcroît l'architecture de l'oeuvre est aussi bien réglée qu'une pièce de théâtre classique, le public devient captif de la musique. C'est précisément ce qui m'est arrivé.


Apex de Pascal Dusapin : le triomphe des cordes

Des deux oeuvres médianes du concert, j'ai peu de choses à dire. La première ne répond pas à mon avis à l'ambition poétique de son sujet. La seconde est agréable, mais n'apporte rien à l'art.

Le solo pour orchestre de Pascal Dusapin, Apex, appartient lui à la musique d'aujourd'hui. A moins de traduire peut-être les apices, pointes des lettres ou du discours, l'effet de trombone "enroué" m'a semblé un peu gratuit. En revanche, le jeu des cordes est absolument remarquable et difficile à décrire. Des vagues vous entraînent dans une marée musicale qui vous donne le vertige.

Me voici de nouveau dans l'incapacité de traduire la musique. Je voudrais pouvoir m'effacer devant elle et vous laisser entendre un extrait de l'oeuvre. Malheureusement, les droits d'auteur me l'interdisent. Je ne peux que vous inviter à aller à l'IRCAM ou au CDMC pour en écouter le souvenir.



Tour Eiffel
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