Spectacle Jeunes danseurs

Avec le ballet de l'Opéra National de Paris
Opéra Garnier
25 mai 2003




Une partie des quadrilles et choryphées de l'Opéra de Paris interprétaient une série de variations tirées des grands moments du répertoire classique.


Suite en blanc
La Sieste, pas de trois
Musique d'Edouard Lalo
Chorégraphie de Serge Lifar
Avec Alice Renavand, Maud Rivière, Gwenaëlle Vauthier


C'est l'un des plus beaux ballets classiques. Les trois interprètes y faisaient preuve d'un bel ensemble.


Fête des fleurs à Genzano
Pas de deux
Musique d'Holger Simon Paulli
Chorégraphie d'August Bournonville
Avec Daphné Gestin, Adrien Bodet

Le pas de deux de ce ballet champêtre est un peu trop technique pour le couple. Le chef en est obligé de ralentir l'orchestre. Pourtant Adrien Bodet est léger et laisse présager un beau danseur lorsqu'il aura un peu plus d'expérience.


Esmeralda
Pas de deux
Musique de Riccardo Drigo
Chorégraphie d'après Marius Petipa
Avec Sabrina Mallem, Julien Meyzindi

Sabrina Mallem a du caractère et une technique sûre. On ne transpire pas en la voyant, on admire. Sa danse du tambourin était bien rythmée malgré la difficulté technique. C'est déjà une grande danseuse, qui sans doute ira loin.


Le lac des cygnes
Pas de trois, extrait de l'acte 1
Musique de Piotr Ilyitch Tchaikovski
Chorégraphie de Rudolf Noureev
Avec Leïla Dilhac, Julie Martel, Grégory Gaillard

Le trio des danseurs a bien occupé la scène sur un passage du Lac, habituellement riche en personnages. Les sauts de Grégory Gaillard sont déjà remarquables.


Cendrillon
Pas de deux, extrait de l'acte II
Musique de Serguei Prokofiev
Chorégraphie de Rudolf Noureev
Avec Eve Grinsztajn, Sébastien Bertaud

Sa créatrice, Sylvie Guillem a beaucoup marqué le rôle. On ne peut s'empêcher de la voir en superposition. Il faudra du temps pour que l'on puisse apprécier la grâce d'une autre danseuse sur cette chorégraphie du regretté Noureev.


La Belle au bois dormant
Adage à la rose, pas de cinq
Musique de Piotr Ilyitch Tchaikovski
Chorégraphie de Rudolf Noureev
Avec Aurore Cordellier, Florian Magnenet, Audric Bezard, Vincent Chaillet, Grégory Dominiak

J'ai vu les plus grandes étoiles trembler sur cet adage à la rose. Il fallait donc un grand courage à Aurore Cordellier, la bien nommée, pour entreprendre, alors qu'elle n'est encore que choryphée, l'une des plus périlleuses variations du répertoire. Elle s'en est acquitté avec une fermeté et une grâce qui lui font honneur. Le public visiblement en grande partie sans expérience n'a pas à mon avis assez chaleureusement applaudi son exploit.


Javotte
Pas de deux
Musique de Camille Saint-Saëns
Chorégraphie de Jean-Guillaume Bart
Avec Laura Hecquet, Josua Hoffalt

Jean-Guillaume Bart confond l'académisme et la danse classique. Il est dommage pour ce couple, sûr et dynamique dans ses évolutions, d'avoir dû danser un ballet sans âme sur une musique qui en avait.


Mi Favorita
Ballet
Musique de Gaetano Donizetti
Chorégraphie de José Martinez
Avec une partie des quadrilles et choryphées de l'Opéra de Paris

La chorégraphie suivante avait au contraire le mérite de l'originalité. Subtilement burlesque, le ballet commençait sur les jambes d'un Louis XIV en 3ème position, clin d'oeil à l'origine du ballet classique. Lorsque le rideau s'ouvre, le public découvre peu à peu, selon son expérience et sa maturité, l'humour d'un délicat pastiche des ballets classiques. Portés exagérés ou inversés, rideau fermé avant la fin de la variation, entrées et sorties immédiates, placements erronés sont autant de signals. Pourtant, une partie du public ne comprend pas et continue d'admirer seulement l'esthétique de l'ensemble. Enfin, lorqu'un danseur arrache le tutu clinquant d'une ballerine qui a joué les coquettes, le public commence à vibrer à l'unisson et à apprécier la parodie d'une Bayadère accélérée et surtout le passage final et hautement comique d'une sylphide dont je ne dévoilerai pas l'étrangeté. Les interprétes et le chorégraphe sont chaleureusement et justement applaudis par la salle.


Pas de deux
Musique de Piotr Ilyitch Tchaikovski
Chorégraphie de George Balanchine
Avec Dorothée Gilbert, Audric Bezard

Le dernier couple, sur la chorégraphie limpide de Balanchine, fait déjà preuve d'un métier permettant l'achésion totale du public. Dorothée Gilbert n'est pas seulement virtuose, elle est aussi très aérienne et passe merveilleusement la rampe. Visiblement, le public l'aime déjà beaucoup.


Pour conclure, on a pu admirer tout au long du spectacle l'énergie sans faille de cette jeune troupe. La relève est bien partie.





Tour Eiffel
Top

Accueil Spectacles          Critique suivante




Copyright © 2003 Dominique Dufils

Les photos et textes de ce site sont protégés.
Toute reproduction, même partielle,
est interdite sans autorisation préalable.