Le Parc

d'Angelin Preljocaj
Musique de Wolfgang Amadeus Mozart
Création sonore : Goran Vejvoda
Direction musicale : Sébastien Lang-Lessing
Avec Laurent Hilaire, Aurélie Dupont
le ballet et l'orchestre de l'Opéra National de Paris
Opéra Bastille
17 février 2002




Une carte du tendre contemporaine

Angelin Preljocaj nous décline une carte du tendre contemporaine sur la musique de Mozart. Les amants s'observent, vivent en parallèle, se résistent, souffrent toutes les affres de l'amour avant l'abandon final.

Quatre jardiniers officient ce rituel amoureux les yeux bandés (l'amour est aveugle). Ce sont les seuls passages sur bande-son, entièrement contemporains, tant dans la gestuelle que dans l'appropriation de l'espace.

Angelin Preljocaj brosse une étude très fine des prémices de l'amour. Dans la première scène, très amusante, les amants s'observent en chiens de faïence, puis se lancent dans un jeu de chaises musicales qui s'achèvera sur la rencontre.

Tout sauf conventionnel, le premier pas de deux joue sur une alternance de rapprochements et de mises à distance. C'est extraordinairement bien vu. Aurélie Dupont est parfaite dans ce jeu de la froideur et de la distance. L'évolution des sentiments et leur traduction chorégraphique n'en seront par la suite que plus frappantes.


Un superbe final où musique et danse se complètent

Le ballet décline en trois actes et 12 tableaux toute une grammaire amoureuse, joyeuse et douloureuse, pour parvenir à l'union finale, un superbe pas de deux dans une lumière dorée, dansé sur le concerto pour piano n° 23 en la majeur de Mozart. Il se clôt par une très belle envolée du couple, enfin uni dans un embrassement sensuel et passionné.

Le choix de ce concerto un peu mélancolique peut surprendre pour un pas de deux final. Pourtant, là encore, c'est très bien vu. Cette musique concentre en elle toute l'évolution antérieure, faite d'exaltation et de peines, effacées dans le duo final. L'interprétation de Laurent Hilaire et Aurélie Dupont était splendide.

La grande force de ce ballet tient dans l'alliance d'une grande musique et d'une grande chorégraphie qui conjuguent ensemble le thème intemporel de la victoire de l'amour.





Tour Eiffel
Top

Accueil Spectacles          Critique suivante




Copyright © 2002 Dominique Dufils

Les photos et textes de ce site sont protégés.
Toute reproduction, même partielle,
est interdite sans autorisation préalable.