Hommage à Boris Kochno

Avec le ballet et l'orchestre
de l'Opéra National de Paris
Opéra Garnier
30 novembre 2001



D'origine russe et introduit dans la vie parisienne par Serge Diaghilev, Boris Kochno a traversé le 20ème siècle artistique. Il a croisé les talents de grands peintres, poètes, chorégraphes, compositeurs et danseurs. Entrepreneur de spectacles, il est à l'origine d'oeuvres majeures comme les Forains ou le Jeune homme et la mort. L'hommage que lui rend l'opéra est cependant assez décevant.


Mavra
Livret de Boris Kochno, d'après Pouchkine
Musique d'Igor Stravinski
Mise en scène d'Humbert Camerlo
Avec Olga Gouriakova, Irina Tchistiakova, Alexei Kosarev

Cet opéra-bouffe retrace les ruses d'un hussard pour courtiser une fille bien gardée. En dépit d'une mise en scène inventive dans un décor de lanterne magique et d'une interprétation correcte des chanteurs, le public n'adhère pas. L'oeuvre a irrémédiablement vieilli et ne peut plus le toucher.


Le Fils prodigue
Livret de Boris Kochno
Musique de Serge Prokofiev
Chorégraphie de Georges Balanchine
Avec Jérémie Bélingard, Agnès Letestu

Le ballet du Fils prodigue n'a pas vieilli, mais l'interprétation est inadéquate. La courtisane certes doit être froide, calculatrice, mais également lascive. Comment séduirait-elle autrement ? Un glaçon a-t-il le pouvoir d'enflammer ? Elle glisse, ondule. Ses attitudes relèvent plus du style néo-classique de Lifar que de la rigueur classique. On peut dire que Mlle Letestu n'a rien vu de ces subtilités. Sa courtisane est académique, presque raide, ce qui est un comble. Ce sont les pas, ce n'est pas le ballet.


Les Sept péchés capitaux
Texte de Bertold Brecht
Musique de Kurt Weill
Mise en scène de Laurent Pelly
Chorégraphie de Laura Scozzi
Avec Anne Sofie von Otter, Elisabeth Maurin, Caroline Bance

Cette soirée ratée est rachetée par la voix d'Anne Sofie von Otter dans les Sept péchés capitaux. Ce ballet chanté sur une musique de Kurt Weill est rondement mené par le talent d'Anna II (Elisabeth Maurin et Caroline Bance). Il se dégage néanmoins de la mise en scène de Laurent Pelly une intense impression de vulgarité, voulue certes, mais somme toute assez désagréable.





Tour Eiffel
Top

Accueil Spectacles          Critique suivante




Copyright © 2001 Dominique Dufils

Les photos et textes de ce site sont protégés.
Toute reproduction, même partielle,
est interdite sans autorisation préalable.