Nosferatu

De Jean-Claude Gallotta
Musique de Pascal Dusapin
(Extenso, Watt, Celo, Apex)
Avec José Martinez, Gil Isoart,
Claire-Marie Osta, Juliette Gernez
Delphine Baey
Opéra Bastille
12 mai 2001



Nosferatu, le revenant condamné à ne vivre que par le sang des autres, à ne séduire que pour prendre et détruire, à ne jamais partager, à ne jamais aimer. Quel beau sujet tragique !


Une oeuvre contemporaine sombre


La musique de Pascal Dusapin est sombre à souhait, à l'instar du décor presque uniformément noir dès qu'apparaît le vampire. Tout cela est fort sombre, fort déprimant. La chorégraphie de Jean-Claude Gallota, interprétée avec un grand professionnalisme par les danseurs de l'Opéra, ne contient rien de particulièrement marquant, si ce n'est l'étrangeté du personnage central : Nosferatu.


Le Nosferatu de José Martinez : fascinant et inquiétant


José Martinez est un autre homme, avec cette longue perruque noire. Loin du danseur académique qu'il évoque d'habitude, il déploie dans ce rôle une grande richesse poétique, faite de mystère et d'étrangeté. Il développe une démarche ondulatoire et singulière qui isole son personnage mieux que tous les discours. Cette solitude se manifeste avec la plus grande acuité sur les finals silencieux de chaque partie. L'ensemble des pas glissants du corps de ballet contraste violemment avec l'ondoiement inquiétant du vampire.


L'un des espoirs de l'Opéra


La grâce lumineuse et la présence scénique de Juliette Gernez, il n'y pas si longtemps soliste de l'Ecole de danse, me donne à penser qu'il y a peut-être actuellement plus d'étoiles en puissance parmi les choryphées que chez les premières danseuses...


Un romantisme noir sans pathos


Il n'y a pas de sang dans ce spectacle. L'action du vampire est plus psychologique que physique, car il vide ses victimes de leur énergie vitale, il les déprime mortellement. La dominante principale de cette oeuvre noire est un romantisme sans pathos. Le dernier tableau est particulièrement bien trouvé. Finalement, Nosferatu croise peut-être l'amour, mais il ne le sait pas et la danse s'arrête sur cette victoire du vampire, colorée par l'amertume de la plus profonde des solitudes.





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