Visite guidée



Carte blanche à Angelin Preljocaj

Douche écossaise de Karine Saporta
Duo d'Eden de Maguy Marin
Falling Pictures de Gilles Baron
Other Dances de Jérôme Robbins
Zero de Wayne McGregor
Symbiont(s) de Wayne McGregor
Paysage (détails) d'Angelin Preljocaj
Avec Séverine Adamy, Fish D. Compo
Isabelle Arnaud, David Mati,
Aurélie Dupont,
Isabelle guérin, Jean Guillaume Bart,
Deborah Bull, Edward Watson, Wayne McGregor,
La compagnie Angelin Preljocaj
Châtelet
5 avril 2001



Cette soirée de danse contemporaine organisée par le chorégraphe Angelin Preljocaj pour l'association Aides, montre, s'il en est besoin, que l'immense talent va de pair avec la générosité.


Douche écossaise : folklore écossais et hip hop

Un couple en pointillé danse sur d'énergiques rythmiques anglo-saxones. Jeux de bras, jeux de jambes, les danseurs font preuve de rapidité et de précision. La break danse, le hip hop influencent fortement la chorégraphie de Karine Saporta. Sans apporter de grandes nouveautés, cette composition met en valeur la virtuosité.


Duo d'Eden : une danse originelle et sculpturale

En fond sonore, la musique concrète fait entendre des bruits d'orage. Un couple apparemment nu s'enlace, s'enchevêtre pour ne plus se séparer. Les portés très élaborés évoquent la force primaire des sculptures de Camille Claudel. Cette relecture du thème d'Adam et Eve frappe par sa beauté fluide, brute et sensuelle.


Falling Pictures : une chorégraphie de la douleur

Aurélie Dupont interprète d'une manière parfaite, bien qu'un peu académique, la chorégraphie fragmentée et tourmentée de Gilles Baron, tout en changements de rythmes pulsatoires.


Other Dances : la beauté classique

Isabelle guérin et Jean Guillaume Bart nous ont proposé sur la musique de Chopin ce que l'on fait de mieux en danse classique.


Symbiont(s) et Zero : de la pure énergie

Pour Zero, le danseur chorégraphe évolue dans un cercle, rappelant le Boléro de Béjart. Symbiont(s) a particulièrement mis en valeur l'énergie de Deborah Bull, en parfaite symbiose avec la musique percutante et mystérieuse d'Andy Cowton.


Paysage (détails) : le génie chorégraphique

Angelin Preljocaj est sans doute par son inventivité le plus grand de nos chorégraphes contemporains.
Le premier tableau présente un étonnant strip tease des danseurs, emportés sur une plage dans un rythme endiablé.
Faire évoluer ses interprètes avec d'encombrants escabeaux ou des béquilles qui prolongent leurs bras relève de la gageure, eh bien il l'a fait !
Un ballet burlesque met en scène deux couples en miroir qui commentent leurs gestes ou dansent leurs dialogues, au choix.
Enfin, le dernier tableau m'a certainement laissé la plus forte impression. Sur fond de musique contemporaine, imprégnée de clusters, 3 couples d'hommes commencent le ballet par un lancer de chaises. Puis s'installe un savant jeu de chaises musicales, qui va crescendo et finit par une explosion de corps et de mouvements. L'exploitation de la spatialité, d'abord restreinte des 3 chaises, puis éclatée sur le final, est époustouflante. La force qui se dégage peut gêner ou enthousiasmer, mais en aucun cas ne laisse indifférent. C'est du grand art.


Lorsque la maladie qui touche à notre fluide vital sera vaincue, revenez, M. Preljocaj, nous présenter de telles soirées et célébrer le triomphe de la beauté créatrice.





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