L'Ecole de danse de l'Opéra

Péchés de Jeunesse de Jean-Guillaume Bart
G. Rossini

L'Oiseau de feu de Fokine / Lacotte
I. Stravinski

Sept danses grecques de M. Béjart
M. Theodorakis

Samedi 29 avril 2000



Le bon travail de l'Ecole de danse dirigée par Claude Bessy a produit cette année encore un spectacle digne de l'Opéra.


Une création mondiale néo-classique


Péchés de jeunesse, création mondiale, est une oeuvre du nouveau danseur étoile Jean-Guillaume Bart. Dans cet académique ballet néo-classique, les couples de danseurs montrent les difficultés techniques de leur art, en particulier les alignements ou la petite batterie. Les plus jeunes n'y étaient pas cette année moins brillants que leurs aînés.


La magie des ballets russes


Avec l'Oiseau de feu, on quitte l'Ecole et l'on entre à l'Opéra. Sur scène se déploie un monde enchanté et manichéen. Un jeune prince russe réussit à capturer un superbe oiseau de feu, puis accepte de le libérer. En remerciement, l'animal fabuleux viendra l'aider à triompher des mauvais sortilèges du sorcier Katcheï. Créée en 1910 par les Ballets russes de Diaghilev, la chorégraphie de Fokine prépare l'écriture révolutionnaire développée dans le Sacre du printemps. La musique de Stravinski, à l'image du ballet, envoûte.


Marqué par Nina Vyroubova, le ballet demande plus que du talent à la danseuse qui incarne l'oiseau. Nina savait exprimer le caractère animal et froid de l'oiseau, sa légèreté et son incandescente force magique. Claire Bevalet reprend le rôle courageusement. Elle y brille par sa technicité et par sa grande musicalité.


Quand Béjart restitue le classicisme à l'état pur


Dans Sept danses grecques, sur la musique de Mikis Theodorakis, Maurice Béjart a su traduire la force hiératique de la sculpture grecque. L'âme grecque est elle-même parfaitement restituée.


Un pas de deux de garçons, une danse des filles, une danse des garçons, un pas de deux mixte sont au coeur du ballet. L'homosexualité de cette culture est subtilement suggérée. Dans leur duo, Cyril Mitilian et Grégory Dominiak sont merveilleux de précision, de force, de complicité. Non sans une touche d'humour, les garçons s'effacent devant le couple mixte, qui nous interprète un beau pas de deux coquin.


Loin de tout académisme, ce ballet en noir et blanc exprime le classicisme à l'état pur. La grâce et la force, l'enthousiasme et la simplicité, l'expression des émotions vraies font vibrer le public. Il anticipe alors ses ovations et scande le tableau final au rythme des danseurs. Dès lors, ni Maurice Béjart, présent dans la salle, ni les interprètes ne pouvaient plus avoir de doute sur l'accueil qui leur serait réservé au terme du spectacle.





Tour Eiffel
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