Les Noces de Figaro

de Mozart
Direction musicale de René Jacobs
Mise en scène de Jean-Louis Martinoty
Avec Pietro Spagnoli, Véronique Gens,
Patrizia Ciofi, Lorenzo Regazzo,
Monica Bacelli, Sophie Pondjiclis,
Peter Hoare
19 octobre 2001
Théâtre des Champs-Elysées


De ce spectacle, je retiendrai la mise en scène, aussi animée qu'au théâtre, et la distribution homogène et sans défauts.


Une mise en scène vive et légère

Quand on assiste aux Noces de Figaro, on ne peut manquer d'avoir en surimpression dans la mémoire la pièce de Beaumarchais. Dans cette mise en scène de Jean-Louis Martinoty, la juxtaposition ne gêne pas, car les scènes gardent la légèreté de la pièce de théâtre. Les chanteurs jouent vraiment, jusqu'à ce que l'intrigue comique disparaissent derrière la musique.


Une interprétation néo-classique un peu sèche,...

Le chef d'orchestre, René Jacobs souhaitait présenter une interprétation néo-classique de l'oeuvre (par opposition à post-romantique). Soit. Mais ce type d'interprétation orchestrale ne justifie pas pour autant un battement hâché et sans nuances. La ligne mélodique de Mozart n'apparaît plus, ses intentions non plus et, paradoxalement, les musiciens eux-mêmes ont du mal à jouer ensemble.


mais une qualité sonore du chant remarquable chez les premiers rôles...

Heureusement, le travail du chant est remarquable et la participation du chef y a sans doute contribué. Tous les chanteurs étaient bons, sans exception, et plus que bons, musicalement sensibles, excellents comédiens. Vive et pétillante, Patrizia Ciofi est excellente pour le rôle de Susanna. Elle chante parfaitement l'humour, elle est splendide dans ce chant d'amour "Deh vieni" du quatrième acte. La mise en scène la cache derrière un voile tandis que le comtesse chante "en playback". La voix n'en est que plus présente, émouvante, pleine et chaude. Ce fut à mon sentiment le point d'orgue de la soirée.


et aussi dans les rôles secondaires

La vraie qualité d'un spectacle se mesure souvent à la qualité des personnages secondaires. Chérubin n'en est pas un dans l'opéra de Mozart. Il faut avouer que Monica Bacelli m'a charmée par sa voix légère qui semble naturelle. Sophie Pondjiclis était une Marcelline amusante. Elle a su traduire l'humour caustique de la chanson "Il capro e la capretta" par des coloratures virtuoses et ironiques. Peter Hoare (Basile) a eu son moment de gloire dans l'air célèbre sur les vertus d'une peau d'âne. "La fortune me fit connaître qu'à la honte, les périls et la mort, on peut échapper avec une peau d'âne."


Ainsi Mozart donne à chacun ce qu'il veut croire : à Basile, la retraite philosophique, à Figaro et Suzanne, l'amour, parce qu'ils ont su en préserver la flamme.




Tour Eiffel
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