Le Conte d'hiver

de Philippe Boesmans
Mise en scène de Luc Bondy
Livret de Luc Bondy et Marie-Louise Bischofberger
Direction musicale d'Antonio Pappano
Avec Susan Chilcott, Franz-Joseph Selig
Dale Duesing, Kris Dane, Aka Moon
10 novembre 2000
Châtelet


Une mise en scène givrée

Une mise en scène statique et glacée de Luc Bondy accompagne ce Conte d'hiver, opéra en 4 actes de Philippe Boesmans, d'après Shakespeare. Le thème shakespearien de la jalousie furieuse rédimée par le temps ne méritait peut-être pas ce statisme froid. Ailleurs, les souvenirs de West Side Story restent en deçà de l'original. Quelques trouvailles rachètent l'ensemble. La plus poétique est ce mur de glace brisé par la statue qui prend vie.


Réminiscences et discontinuité musicales

La musique de Philippe Boesmans n'est pas désagréable, ni vraiment classique, ni vraiment contemporaine. On y trouve beaucoup de réminiscences, sans véritable continuité. Plus que la fuite du temps, cette composition évoque la rupture ou l'anachronisme. L'impression est renforcée par l'intrusion des chansons de Kris Dane dans l'univers d'un Bernstein affaibli.


Une musique pour les voix d'opéra

Somme toute, l'opéra serait fort ennuyeux, s'il ne mettait en valeur la beauté des voix. J'ai particulièrement aimé la pureté et la précision de Susan Chicott, la profondeur et la chaleur de Franz-Joseph Selig. C'est suffisamment rare en musique contemporaine pour être souligné.



Nota bene :
Pour des raisons indépendantes de ma volonté, j'ai vu la première partie du spectacle dans la loge des retardataires, qui ne permet pas d'avoir une perception réelle du son.




Tour Eiffel
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