Caf' Conc' Hervé

de Florimond Ronger, dit Hervé
Mise en scène de Mireille Larroche
Choix des textes et musiques d'Yves Coudray
Avec Yves Coudray, Lionel Peintre,
Edwige Bourdy, Vincent De Rooster
29 octobre 2000
Péniche Adélaïde


Les bons spectacles comiques sont rares à Paris, les bons spectacles d'opérette encore plus. Avec le Caf' Conc' Hervé, vous pouvez redécouvrir dans les meilleures conditions le fondateur du genre. Offenbach ? Que non pas. Florimond Ronger, dit Hervé. Il a inventé la musicothérapie et l'opérette en composant pour les pensionnaires de Bicêtre, il a su jouer avec art de la fantaisie et de la loufoquerie, pour notre plus grand plaisir.


Hervé, compositeur des fous, inventeur de l'opérette

Avec la Péniche Opéra, joyeuse équipe de faux excentriques et de vrais chanteurs lyriques, il est particulièrement bien servi pour sa renaissance dans le répertoire parisien. Comme dans les précédents spectacles de la Péniche, Yves Coudray a mené un lourd travail de recherche. Il a retrouvé pour nous les chansons destinées au café concert, les livrets d'opérettes oubliées.


J'ai eu la chance de voir les Métamorphoses de Tartempion, magnifiquement chanté par un duo de choc, déjà applaudi dans le Salon Berlioz (abeille d'argent 2000). Lionel Peintre donne avec bonheur dans l'arlequinade matamoresque (pardon pour le néologisme - la folie, c'est contagieux). Dans la lignée de Molière, Yves Coudray mène un superbe travail de transformiste : tour à tour poète désargenté, prince prussien, auvergnat, écossais, il use de toutes les ressources de la voix, révélant une parfaite maîtrise du chant et de la comédie. La scène entre l'auvergnat et l'oncle matamore, interprétée à la perfection, est absolument désopilante.


De belles voix, de bons acteurs

Ils n'étaient que quatre, accompagnés par une dynamique pianiste (Corinne Durous), mais avaient la présence de 20. Chacun d'eux se donnait à fond dans ses rôles. Edwige Bourdy (Mlle Eclosine) excelle dans son rôle de composition : une excentrique entraîneuse de cabaret, à l'accent parisien gouailleur, à la gambette affriolante. Dans sa succulente interprétation du Marchand d'lorgnettes, Vincent De Rooster (Ivore Dumouche) recrée lui aussi l'ambiance des cabarets à la Bruant et associe le spectateur au spectacle. Yves Coudray (Séraphin) a le génie comique, il a aussi la voix des meilleurs ténors d'opérette. Quant à Lionel Peintre (Georges Dutoc), c'est un grand artiste. Il a la voix, il a la présence. Aujourd'hui très grand dans ses rôles comiques, sa voix semble infaillible.


A mon humble avis, la vraie place dans Paris de la Péniche Opéra est sans doute sur la péniche Adélaïde, mais aussi sur la scène de l'Opéra comique. Serai-je un jour entendue ?




Tour Eiffel
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