Louise

de Gustave Charpentier
Mise en scène de Nicolas Joël
Direction musicale de Michel Plasson
Avec Jia-Lin Zhang, Marcus Haddock
Alain Vernhes, Rie Hamada
17 juin 2000
Châtelet


Dans le cadre du festival des régions, le Châtelet invite cette année le Capitole de Toulouse. C'est l'occasion pour les Parisiens d'entendre ce grand orchestre, tout en musicalité et en finesse.


Louise, Montmartre et la Belle Epoque

Ne pas monter Louise, c'est priver le public d'une partie de notre patrimoine. Oeuvre de la Belle Epoque, cet opéra comique est le reflet de sa richesse musicale et artistique. Toute la poésie des cris de Paris, des petits ateliers qui fleurissaient à Montmartre y est évoquée. Les peintres, les sculpteurs, les chansonniers, les musiciens, les couturières, les modistes, les brodeuses s'y côtoyaient, et tous partageaient la même effervescence créatrice. La musique de Charpentier porte en elle cette diversité, faite de grâce insouciante et de gravité.


Monter Louise, c'est se heurter aux pesanteurs d'un livret désuet. Une jeune ouvrière, sévèrement gardée par ses parents, tombe amoureuse d'un poète et prend sa liberté. Opéra naturaliste ou drame bourgeois, l'oeuvre porte les mêmes contradictions qu'à sa création. Par sa musique, par son folklore, elle attire, bluette vériste, elle repousse.


Effets de lumière sur la Ville

Nicolas Joël a tenté de résoudre cette contradiction en nous offrant une reconstitution de Paris à la Belle Epoque. Décors et costumes sont une évocation fidèle du Montmartre de 1900. Les effets de lumière suggèrent d'une manière très heureuse les moments de la journée. Ces effets, souvent tentés au théâtre, sont ici parfaitement réalisés. A elle seule, la mise en scène est spectacle.


Alain Vernhes domine la distribution

Un livret moyen demande également une interprétation sans failles. On peut dire qu'Alain Vernhes, le Père, a parfaitement relevé le défi. Une voix pleine, large, puissante, une diction parfaite, une pleine maîtrise de son art lui ont préparé un triomphe. Les choeurs du Capitole sont irréprochables et soutiennent toute l'oeuvre. Ils traduisent on ne peut mieux la poésie du peuple montmartrois et nous offrent de rares moments d'émotion vraie. La soliste Rie Hamada (je crois), qui interprète une ouvrière de l'atelier de couture, passe la rampe par sa voix, sa musicalité, sa conviction. Quant à Jia-Lin Zhang, investie de la lourde tâche de remplacer Renée Fleming sur un rôle difficile, elle s'impose par la sûreté et l'étendue de sa voix. Elle sera parfaite lorsqu'elle aura appris à interpréter, à vivre sur scène... Il convient en tout cas de lui rendre grâce de n'avoir pas déclaré forfait. Dans le passé comme maintenant, rares sont celles qui osent affronter ce rôle...


Le public parisien a remercié le Capitole de nous avoir fait entendre une belle version de Louise. J'aurai l'occasion de reparler du Capitole et de son chef, Michel Plasson. Car après Louise, viendront Hamlet et deux concerts.




Tour Eiffel
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