Salon autour d'Hector Berlioz

Organisé par la Péniche Opéra
Scénario d'Yves Coudray
Mise en scène Mireille Larroche
17 mars 2000
Opéra comique


C'est gai, c'est frais, c'est du bel ouvrage. A mi chemin entre un concert de musique de chambre et un spectacle d'opéra, ce salon, conçu pour de petites salles et consacré à Hector Berlioz, réunit 5 musiciens du groupe Carpe Diem et 4 chanteurs.


Un spectacle construit avec soin

Le travail préparatoire est remarquable. Au lieu de réécrire la vie de Berlioz, Yves Coudray, scénariste et ténor, a compilé plusieurs textes marquants de la correspondance du compositeur. Aussi a-t-il parfaitement réussi à nous faire revivre Berlioz, ses passions, ses excès et sa grande lucidité. Les textes sont sincères et n'ont pas pris une ride. La société française présente les mêmes qualités et les mêmes travers qu'au siècle dernier...


De son côté, Jean-Pierre Arnaud, arrangeur et chef d'orchestre, a travaillé à la réduction des oeuvres opératiques de Berlioz. L'adaptation à un ensemble composé d'un hautbois, d'une flûte, d'une harpe, d'un violon et d'un violoncelle respecte les ensembles et transpose les oeuvres, m'a-t-il semblé, sans les trahir.


Une mise en scène inventive


A leur entrée en scène, les chanteurs entonnent une chanson à boire, encadrés par la porte monumentale du foyer. Ils associent bientôt les spectateurs à leur liesse en leur servant des verres de punch. Les couleurs chaudes de leurs costumes d'époque sont plaisantes.


La forme oblongue des lieux induit une mise en scène originale. Les spectateurs se répartissent sur les deux côtés du plateau central et voient souvent une partie des interprètes de dos ou de profil. Mais la mise en espace est suffisamment aboutie pour que le public ne perde pas pour autant le contact.


Des interprètes de qualité


Berlioz est interprété alternativement par les 3 chanteurs. Cette nouvelle convention théâtrale surprend, mais ne gêne absolument pas. Chacun d'eux en effet apporte sa propre couleur au personnage.


Yves Coudray fait preuve de réels talents d'acteur. Il incarne un Berlioz tour à tour passionné et malicieux. Christophe Crapez dépeint jusqu'au comique les excès du personnage. Je le verrais très bien chanter de l'opérette. Il en a la voix et la présence scénique. Lionel Peintre a une diction parfaite et une voix suffisamment pleine et puissante pour entreprendre sans faillir les airs des Scènes de Faust, de la Damnation de Faust ou d'Harold en Italie. C'est un Berlioz sûr de lui, qui a muri dans son art. Captivant, il entraîne le spectateur dans l'univers de l'opéra.


La jeune soprano Françoise Masset, discrètement soutenue par la violoncelliste Emmanuelle Bertrand, est émouvante dans l'air de la Captive, sur un texte de Victor Hugo, ou plus tard, dans la mélodie tragique d'Ophélie. C'est incontestablement une artiste à suivre. Quant à l'ensemble Carpe Diem, il a soutenu l'ensemble du spectacle avec finesse et talent.


Tous les âges étaient représentés dans le public, attentif, pendant la représentation, enthousiaste, à la fin. C'est ce que j'appellerais un spectacle grand public, dans le bon sens du terme. Souhaitons donc que son audience grandisse. Personnellement, je ne verrais aucun inconvénient à ce que la Péniche Opéra devienne un hôte permanent de l'Opéra comique. A bon entendeur...



Tour Eiffel
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