Manon

de Jules Massenet
Direction musicale de Gary Bertini
Mise en scène de Gilbert Deflo
Avec Alexia Cousin, Roberto Alagna
Franck Ferrari, Alain Vernhes,
Michel Sénéchal, Christian Tréguier,
l'orchestre et les choeurs de l'Opéra de Paris
24 avril 2004
Opéra Bastille



La fraîcheur d'un opéra comique

Malgré sa fin tragique, Manon est un opéra comique. Et de fait, on y savoure l'amour d'un jeune couple, puis la vie dissipée et brillante de la futile Manon. On y aime les grands élans du choeur et les belles introductions de l'orchestre. "Frailty, thy name is woman !" (Shakespeare). Manon en est la parfaite illustration ! Sincère dans son amour pour le chevalier Des Grieux, elle ne peut s'empêcher de céder aux sirènes du luxe.


Une Manon convaincante

Servis par Roberto Alagna, Franck Ferrari, Alain Vernhes, Michel Sénéchal, on ne peut rêver meilleure interprétation des rôles masculins. Alexia Cousin a le mérite d'être très compréhensible et suffisamment émouvante, brillante, repentante, même si parfois elle sacrifie la musicalité à la puissance. Irrésistible de naïveté et de coquetterie dans "Je suis encore toute étourdie", poignante et confondante dans "N'est-ce plus ma main ?", elle est fondamentalement une excellente comédienne, et c'est parfait pour ce rôle.


La voix unique d'un chevalier angélique

Il y a longtemps que je connais Roberto Alagna, depuis la Traviata d'Orange et l'inoubliable Roméo et Juliette de l'Opéra comique (un spectacle comme il n'y en a qu'un par demi-siècle). Sa voix reste unique, pleine, légère. Sur scène, il garde sa simplicité et c'est ce qui en fait un interprète si vrai. Il chante comme il parlerait, mais dans les plus beaux moments la plénitude des harmoniques donne envie de pleurer. Tel est Roberto Alagna, qui n'a vraiment pas besoin des péripéties de sa vie privée pour qu'on ait envie de le revoir (plutôt sans son actuelle femme, qui elle ne fait preuve ni de la même simplicité ni de la même musicalité... Voilà, c'est dit, cela fait longtemps que cela me démangeait).


La transposition réussie de la mise en scène

La mise en scène, je dirais classique dans le bon sens du terme, tire le meilleur parti de la technique du plateau tournant et nous présente parfois des tableaux qu'on croirait tirés des plus grands peintres du XVIIIème siècle. Elle est fidèle au livre comme à l'opéra comique, et même dans cette grande salle, on y retrouve avec plaisir les éléments transposés du genre.


Le public a fait un triomphe à l'ensemble des artistes, avec un surcroît d'enthousiasme pour les 2 protagonistes.




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