Tannhäuser

de Richard Wagner
Direction musicale de Myung-Whun Chung
Mise en scène de Andreas Homoki
Avec Peter Seiffert, Petra-Maria Schnitzer
Ildiko Komlosi, Ludovic Tézier
l'orchestre philharmonique de Radio France
les choeurs de Radio France
17 avril 2004
Châtelet



Une pure tragédie humaine

Quelle tristesse que l'histoire de Tannhäuser... Quelle plus grande tragédie que celle d'un homme qui ne trouve pas le pardon malgré son repentir ? Après avoir abandonné le pur amour d'Elisabeth pour les charmes du Venusberg, charmes dont l'homme finit par se lasser, Tannhäuser ne pourra revivre l'accomplissement du pur amour dans ce monde. Quoi de plus terrible aussi que cette Belle au bois dormant qui soudain retrouve goût à la vie pour bientôt ressombrer dans un désespoir encore plus profond, désespoir qui ne trouvera sa résolution que dans le sacrifice de la mort ? Quoi de plus poignant que ce repentir par amour, non l'amour poétique et charnel du Venusberg, mais l'amour qui transgresse le corps pour caresser l'âme et qui ne peut trouver réponse que dans un amour plus fort, un amour qui n'hésite pas à mourir d'amour ? C'est finalement par cet amour transcendé que Tannhäuser trouve le chemin de sa rédemption. Mais à quel prix ! Tannhäuser est une oeuvre qui n'est pas de ce monde.


Une mise en scène inutile, mais peu gênante

La mise en scène dépouillée et d'un symbolisme un peu trop manichéen d'Andreas Homoki aurait pu facilement être remplacée par un rideau noir. D'ailleurs à celui-ci ne s'ajoutaient guère que la grosse sphère rouge du Venusberg et le carré immaculé associé au personnage d'Elisabeth. Ah si ! un piano renversé complète l'ensemble (il est vrai que par les temps qui courent, il peut arriver qu'on jette un piano de concert dans un lac...).


Spiritualité et densité musicale

Cependant la mise en scène ne gêne ni l'écoute ni la compréhension de l'oeuvre. Dirigé par Chung, l'orchestre philharmonique de Radio France fait preuve d'une grande densité musicale, d'une grande spiritualité artistique, d'une force magnétique particulièrement remarquable dans les ouvertures.


Peter Seiffert chante l'amour charnel avec la plénitude truculente qui fait de son personnage la colonne vertébrale de l'opéra. A l'opposé, Ludovic Tézier, pâle face au Tannhäuser de l'acte II, est splendide dans son émouvant chant de prière du dernier acte.


De tous les opéras de Wagner, Tannhäuser est sans doute celui qui cultive la plus sublime et intime ambiguïté.




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