Falstaff

de Giuseppe Verdi
Direction musicale de James Colon
Mise en scène de Dominique Pitoiset
Avec Jean-Philippe Lafont, Patrizia Ciofi
Kathleen Kuhlmann, Susan Neves
Stefano Antonucci, Louise Callinan
l'orchestre et les choeurs de l'Opéra de Paris
27 janvier 2003
Opéra Bastille



Un bon opéra, une bonne interprétation, un bon orchestre, une bonne mise en scène, que dire de plus ? La représentation de Falstaff à l'Opéra Bastille était sans fausses notes.


Le conte shakespearien revu par Verdi

Falstaff, à court d'argent, imagine de séduire deux riches commères de Windsor. Oui, mais il leur envoie en même temps la même lettre d'"amour". La supercherie découverte, les deux matrones n'auront de cesse de se venger du vaniteux.


Le personnage de Falstaff ne suscite guère la pitié. Il ne voit dans les femmes qu'une source de plaisir et de profit. Imperméable à l'amour, il finit par oublier ses soucis dans l'alcool. C'est un incurable jouisseur. Pourtant, une fois bafoué, il retrouve une certaine dignité, tandis que ceux qui l'ont méchamment malmené sont rabaissés dans une humanité dérisoire et futile. Comme toute bonne comédie de moeurs, le spectacle finit par un mariage, celui des vrais amoureux, Fenton et Nannetta.


Perfection musicale

L'écriture musicale de la maturité de Verdi est fluide et naturelle. Le compositeur ne recherche plus les effets du grand air, mais l'équilibre de la composition, effectivement très homogène.


Musicalement, le spectacle était superbe. Nul dans la distribution ne dénotait. Ce sont donc logiquement les rôles principaux que l'on aura le plus remarqués. Jean-Philippe Lafont est un excellent Falstaff : voix puissante, diction parfaite, grande présence scénique, et pas seulement par le volume du personnage. Il humanise le rôle sans lui ôter pour autant son aspect comique. Patrizia Ciofi est meilleure à chacune de ses apparitions. L'air de la reine des fées était une pure merveille. Quelle voix diaphane, aérienne, haute sans jamais être forcée. Quelle différence avec certaines sopranos hurlantes et médiatisées que je ne citerai pas...


L'orchestre, dirigé par James Colon, restait discret, mais efficace. Les attaques étaient nettes, les mimétismes musicaux du commérage bien rendus.


Mise en scène réussie

La mise en scène s'appuyait sur un décor coulissant, qui suivait le déroulement des actes. On y retrouvait le mélange de réalisme et de poésie qui caractérisait le décor de la Bohème. Plus qu'un décor, l'immense panneau tenait lieu de mur de scène et permettait une meilleure diffusion des voix.


Le beau tableau final laisse au spectateur une impression de liesse qui contrastait fort avec le temps pluvieux et brumeux de la rue. De quoi avoir envie d'entonner avec Falstaff : "le monde entier est mascarade".




Tour Eiffel
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