Rappel historique


La première croisade

A l'aube du deuxième millénaire, les conditions de pèlerinage en Terre Sainte sont devenues difficiles. Le 27 novembre 1095, le pape Urbain II lance donc un appel à la première croisade.

Quatre groupes de Croisés partent par des voies différentes vers Jérusalem : les Croisés du Nord avec à leur tête Godefroy de Bouillon et son frère, Baudoin de Boulogne, les Siciliens-Normands, conduits par Bohémond de  Tarente, les Croisés du Sud menés par Raymond de Saint-Gilles, comte de Toulouse, et les gens de France entraînés par Robert de Flandres, Etienne de Blois et le frère du roi, Hugues de Vermandois.

En passant par Constantinople, ils reçoivent le soutien mitigé de l'empereur byzantin Alexis Comnène, lui aussi chrétien. En échange, celui-ci obtient que les princes croisés deviennent ses vassaux. Peu de temps auparavant, il avait perdu plusieurs territoires, annexés par les Turcs. Il espère ainsi exercer son influence sur les terres qui seront conquises par les Latins.



Une naissance du royaume dans le sang

Jérusalem est prise dans le carnage, le 15 juillet 1099. Le 22 juillet, Godefroy de Bouillon est élu "Avoué du Saint-Sépulcre" et dès la fin de l'été, la majorité des Croisés repartent. Godefroy reste à Jérusalem avec seulement 300 chevaliers, Bohémond règne sur Antioche, Baudoin de Boulogne devient comte d'Edesse.

A la mort de Godefroy, le 18 juillet 1100, Baudoin de Boulogne devient le premier roi de Jérusalem, sacré le jour de Noël, dans l'église de la Nativité.



Royaume de Jérusalem

Le Royaume de Jérusalem



Baudoin Ier et Baudoin II ou la consolidation

Pendant son règne, il consolide l'installation des Latins en Terre sainte. En 1118, Baudoin du Bourg, comte d'Edesse, son cousin devient le roi Baudoin II.

Du règne de Baudoin II, on retient quelques faits d'armes, souvent limités par la faiblesse des effectifs d'hommes en mesure de combattre.

Le roi lui-même fut capturé par l'émir Balak en 1123 et maintenu en captivité jusqu'en 1124.



Le roi Foulques Ier ou le rempart

Le 21 août 1131, son gendre Foulques d'Anjou lui succède. Foulques n'est pas un «poulain», né en Terre sainte, mais il a la force morale nécessaire pour maintenir un royaume menacé de toutes parts.

Au début de son règne, Jocelin Ier d'Edesse, attaqué par les Turcs, meurt dans des conditions héroïques : blessé mortellement, il parvient à effrayer les assaillants par sa seule présence et à provoquer leur fuite. Son fils Jocelin II n'a pas la valeur de son père et le comté d'Edesse est en péril.

Le royaume subit plusieurs attaques de la part de l'atabeg de Mossoul, Zengi, mais aussi de l'empereur byzantin Jean Comnène.

Intérieurement, il est menacé par des rébellions : celle d'Alix d'Antioche et, plus grave encore, celle organisée par un proche de la reine elle-même, Hugues de Puiset.

Foulques, par la force et surtout par la diplomatie, parvient à détourner tous ces dangers. Il réussit même à établir des relations diplomatiques solides avec l'émirat de Damas, réduisant du même coup le péril extérieur.

Tout s'effondre lorsqu'il meurt, en 1143, d'une chute de cheval. Baudoin III n'a alors que treize ans et la reine Mélisande, qui prend la régence, n'a pas son sens politique.

Zengi en profite pour attaquer l'un des points faibles du royaume de Jérusalem, le comté d'Edesse. Le 23 décembre, la population d'Edesse est massacrée.

La principauté d'Antioche est menacée par l'un des fils de Zengi, Nour-ed-Dîn, dont on reparlera. Baudoin III à seize ans empêche de justesse le démantèlement de l'armée franque.



La deuxième croisade. Un désastre pour le royaume.

Pour remédier à cette situation catastrophique, le roi Louis VII de France, sans doute sur les conseils de sa femme, Aliénor d'Aquitaine, lance la deuxième croisade. Le roi de France et l'empereur du Saint Empire romain germanique, Conrad, en prennent la tête.

L'empereur byzantin Manuel Comnène voit d'un mauvais oeil cette initiative, car il lui sera plus difficile de réclamer un serment d'allégeance à deux souverains régnants. Il décide donc de s'allier secrètement aux Turcs pour saper l'opération.

Conrad part le premier. Après un passage épineux à Constantinople, il est attaqué par les Turcs en octobre 1147 et perd les neuf dixièmes de son armée. Louis VII, secondé par Everard des Barres, Maître des Templiers de France, réussit à éviter la rupture totale entre chrétiens d'Orient et d'Occident. L'expédition française n'est guère glorieuse, mais elle est sauvée par le sens tactique et la richesse des Templiers.

Une fois parvenus à Jérusalem, les souverains de la Croisade prennent la plus mauvaise décision : au lieu de prendre Ascalon, comme le souhaite Baudoin III, ils décident d'attaquer Damas, pourtant traditionnelle alliée des Latins. L'expédition de 1148 échoue, mais laisse des traces irréversibles.



Baudoin III ou le défenseur

Après le départ des princes d'Occident, Nour-ed-Dîn attaque Antioche et parvient à tuer son prince, Guillaume de Poitiers. Baudoin III est forcé de faire évacuer les populations latines des quelques villes du comté d'Edesse encore sous l'emprise des chrétiens. Lorsqu'il est couronné, en mars 1152, le royaume a donc perdu Edesse en totalité et une partie du comté d'Antioche.

Le roi lance en janvier 1153 une expédition pour s'emparer d'Ascalon, cité prospère qui lui ouvre la porte de l'Egypte. L'assaut de la ville, mené par le Grand-Maître du Temple, Bernard de Trémelay est un échec et les Templiers sont tous massacrés. Mais le siège réussit et les Ascalonites se rendent le 19 août 1153. Commence alors une longue lutte entre Baudoin III et Nour-ed-Dîn, dont aucun des deux adversaires ne sort ni vaincu ni vainqueur.

Pour mettre fin à cette situation, Baudoin III épouse la nièce de Manuel Comnène, Théodora. Il s'assure ainsi la neutralité de la puissance du Nord, alliée parce que chrétienne, mais dans les faits bien souvent hostile, et efface les mauvais souvenirs de la deuxième croisade.

Quand il meurt empoisonné par son médecin, le 10 janvier 1162, le royaume est sécurisé.



Amaury Ier ou la tentation égyptienne

Son frère, Amaury Ier, père du futur Baudoin IV et de la princesse Sibylle, devient roi. C'est lui qui demanda à Guillaume de Tyr d'écrire sa Chronique.

Pendant son règne, le sort du royaume se joue en Egypte. En 1164, le vizir d'Egypte, Châwer fait appel au roi de Jérusalem pour échapper aux prétentions d'un capitaine de Nour-ed-Dîn, Chirkouh, qui n'est autre que l'oncle du célèbre Saladin.

Amaury doit intervenir de nouveau en 1167 contre Chirkouh et Saladin. Il l'emporte et établit une alliance avec l'émir Châwer qui lui vaut un tribut annuel de cent mille pièces d'or.

Mais en 1167, il répudie sa femme, Agnès de Courtenay pour épouser Marie Comnène, petite-nièce de l'empereur byzantin. Celui-ci l'incite à conquérir l'Egypte.

Le 20 octobre 1168, Amaury attaque. Aussitôt Châwer demande l'aide de Saladin, qui en profite pour s'emparer du vizirat le 8 janvier 1169. Le royaume de Jérusalem se trouve alors encerclé.

En mai 1174, Nour-ed-Dîn disparaît. Son héritier n'est qu'un enfant et Amaury voit aussitôt le parti qu'il peut en tirer. Il assiège la ville de Panéas, sur le chemin de Damas. Il songe aussi à faire une autre tentative en Egypte avec l'appui de Manuel Comnène. Mais il tombe malade et meurt le 11 juillet 1174.

Le règne de Baudoin IV commence.


Voir le tableau généalogique de la famille de Baudoin IV


Tour Eiffel
Top


Accueil général          Accueil Roi lépreux




Guillaume de Tyr


Né à Jérusalem vers 1130, il semblerait que Guillaume de Tyr soit d'origine italienne.

Il fait vingt ans d'études en Europe, de 1146 à 1165, dont une partie en France.

Puis il embrasse une carrière ecclésiastique : chanoine d'Acre en 1165, archidiacre de Tyr et de Nazareth en 1167. Sous le règne de Baudoin IV, il sera chancelier du royaume en 1174 et évêque de Tyr à partir de 1175.

En 1179, il participe au troisième concile du Latran, dont il rédige les Actes.

Le roi Amaury lui confie vers 1170 l'éducation de son fils Baudoin et lui demande de rédiger sa Chronique, en latin, Historia rerum in partibus transmarinis gestarum.

Nous savons également qu'il écrivit une Histoire de princes orientaux, dont le texte a été perdu.

Il mourut peu après Baudoin IV, le 29 septembre 1186.

Tour Eiffel
Top


Accueil général          Accueil Roi lépreux

Copyright © 1998 Dominique Dufils

Les photos et textes de ce site sont protégés.
Toute reproduction, même partielle,
est interdite sans autorisation préalable.